28 mai 2013

Les âmes vagabondes, Stéphanie Meyer

Les ames vagabondes[1]Résumé: La Terre est envahie. L'humanité est en danger. Nos corps restent les mêmes, mais nos esprits sont contrôlés. Mélanie Stryder vient d'être capturée. Elle refuse cependant de laisser place à l'être qui tente de la posséder. Quelque part caché dans le désert, il y a un homme qu'elle ne peut pas oublier. L'amour pourra-t-il la sauver ?

Une bonne surprise avec Les âmes Vagabondes de Stéphanie Meyer qui m'a beaucoup plu ! Je suis particulièrement contente de ne pas avoir retrouvé un Twilight bis déguisé par un contexte nouveau, après le succès qu'à connu cette saga il aurait été normal que l'auteure n'arrive pas à se détacher de ses personnages... Le pari était très interressant pour Meyer qui a prouvé qu'elle pouvait s'éloigner de l'univers fantastique pour gagner en maturité avec la science-fiction.

Je n'ai rien à redire du côté de l'histoire et des personnages. La communauté humaine souterraine est très crédible et l'auteure anticipe à merveille les réactions que l'on pourrait avoir dans un contexte similaire (après l'invasion les humains doivent vivre cachés et l'arrivée de Gaby suscite un accueil mitigé...). La relation ambiguë entre Gaby, Mélanie, Jared et Ian attire l'attention, elle est assez complexe pour ne pas tomber dans une romance banale et sans intérêt. Bien qu'elle occupe une place centrale elle reste bien dosée.  

L'environnement qui oscille entre désert et grottes m'a aussi ravie, tous les détails de l'architecture de cette dernière révèlent une grande maîtrise de la description. En revanche, je n'ai pas aimé les récits de Gaby sur les différentes planètes où elle a vécu, certains étaient trop tirés par les cheveux à mon goût, mais c'est l'intention qui compte ^^. J'ai aussi apprécié le fait qu'il n'y ai pas de "traditionnel combat final" mais plutôt une ambiance de danger perpétuel qui rend le récit encore plus prenant.

Au début je pensais suivre Mélanie mais au final c'est plus l'histoire de l'âme Vagabonde alias Gaby. Passée la gêne, je me suis rendue compte que ce point de vue était encore plus intéressant car ce n'est pas les questionnements habituels d'une jeune femme que nous avons mais plutôt ceux d'un être qui n'a rien à voir avec nous mais qui petit apprends à nous apprivoiser ! De plus, on à également accès aux pensées de Mélanie et grâce à cela on peut bien se rendre compte de la différence entre les âmes et les humains. La cohabitation est dure au début et quasiment jusqu'à la moitié du livre est consacrée à l'évolution des relations des deux jeunes femmes. Meyer est décidément passée maître dans l'art des conflits intérieurs, la preuve ici est encore plus flagrante qu'avec Bella...La deuxième partie quant à elle s'accelère considérablement et on prend plus de plaisir à lire.

L'écriture n'est cependant pas excellente mais je pense que si certaines tournures de phrases m'ont gêné, c'est en grande partie du à la traduction...

Bonne lecture ! :D

Val

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1984, George Orwell

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4ème de couverture : De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartir comme un flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le feu aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée.

Je voulais lire ce livre depuis pas mal de temps, tout d'abord parce qu'il s'agit d'un classique dont je n'avais entendu que du bien mais aussi parce qu'il constitue un texte de référence en matière de dystopie (Suzanne Collins, l'auteur de Hunger Games, n'a rien inventé d'exceptionnel...).

Ce roman et séparé en trois parties. La première m'a bien plu mais sans plus, j'ai lu les deux dernières comme si ma vie en dépendait (mais tout en les savourants ^^). 

Dans ce roman, on suit le personnage de Winston, un membre plutôt banal (en apparence) du Parti Extérieur (voir image pyramide ). Dans la première partie du roman l'histoire se met doucement en place. On suit Winston tout au long de ses journées, au Ministère de la vérité où il travaille, ainsi que chez lui. Cela nous permet d'avoir une idée plus précise du mode de vie des habitants de l'Océania, des événements qui rythment leur quotidien. 

Au début, Winston m'a paru un peu faible, je m'attendais a un sorte de super-héros se battant pour défendre ses convictions mais je n'ai trouvé qu'un docile fonctionnaire essayant de paraître le plus inoffensif possible... Mais après réflexion, je pense que cet aspect "monsieur-tout-le-monde" qui semble s'accrocher à Wilson constitue en réalité une des forces  du roman. On voit comment il développe ses réflexions personnelles au détriment de la doctrine imposée par le Parti (L'Angsoc), comment il enfreint les règles qui garantissaient sa survie. Il se transforme de façon rapide, notamment grâce à la relation amoureuse illégale qu'il entretient avec Julia.

La deuxième partie du roman est majoritairement constituée d'extraits du livre écrit par Goldstein (un "ennemi du Parti"). J'ai l'ai trouvé passionnant, il constitue presque un essai politique, qui analyse chacun des rouages faisant fonctionner le Parti. Il explique en quoi la guerre est indispensable au bon fonctionnement du Parti, même si elle ne se justifie pas d'un point de vue purement matériel (chaque Etat possède une économie intérieure indépendante). Il dresse une sorte de "théorie des classes sociales" plus vraie que nature, il explique comment l'instauration d'un tel régime a été possible... Toutes les réflexions abordées sont très justes et trouvent leur fondement dans des événement historiques bien réels, que ce soit la Révolution française, le totalitarisme de Staline ou d'Hitler. Toutes les réflexions autour de la doublepensée (=capacité à faire coexister dans son esprit deux idées opposées en les acceptants toutes les deux, mettant ainsi en veilleuse l'esprit critique.) et de la novlangue (=langue officielle du Parti) sont aussi très intéressantes.

La troisième partie du roman approfondit en quelque sorte les thèses énoncées précédemment à travers différentes péripéties plutôt tragiques. L'auteur propose une remise en question effrayante de tout se que nous connaissons, de nos convictions profondes, et cela fait froid dans le dos. Parce que cela paraît réel. Toutes ses petites idées qu'il introduit dans notre esprit et qui bouleversent nos certitudes apportent des réflexions captivantes et, quelque part, essentielles

Je conseille vivement ce livre à chacun d'entre vous, sans doute un des meilleurs que j'ai lus.

Alice.

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Extraits :

Se confesser n'est pas trahir. Ce que l'on dit ou fait ne compte pas. seuls les sentiments comptent. S'ils peuvent m'amener à cesser de t'aimer, là sera la vraie trahison.

"Si je le désirais, avait dit O'Brien, je pourrais m'envoler de ce parquet et flotter comme une bulle de savon". Winston étudia cette phrase. S'il pense qu'il flotte au-dessus du parquet et si, en même temps, je pense que je le vois flotter, c'est qu'il flotte.

 

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carte : en rose = Océania / en violet = Eurasia / en vert = Estasia / en jaune = disputé

 

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17 mai 2013

Pourquoi j'ai mangé mon père ?, Roy Lewis

Résumé de l'éditeur: Approchez Homo sapiens ! Ce livre vous fera hurler de rire ! Faites la connaissance d'une famille préhistorique : Edouard, le père, génial inventeur qui va changer la face du monde en ramenant le feu ; Vania, l'oncle réac, ennemi du progrès ; Ernest, le narrateur, un tantinet benêt ; Edwige, Griselda et autres ravissantes donzelles... Ces êtres délicieux font le monde autour d'un feu en dégustant des os à moelle.Regardez-les découvrir l'amour, s'essayer à la drague, se battre avec l'évolution...

Situations rocambolesques, personnages hilarants d'un monde où l'homme est pourtant déjà homme : batailleur, jaloux, ingrat et aussi rétrograde. Un miroir à consulter souvent. Pour rire et réfléchir.

 

Comme le présente ce pertinent résumé, Pourquoi j'ai mangé mon père ? est un mélange intéressant entre petite histoire drôle et conte philosophique. Le contexte est original et je n'ai pas souvent eu l'occasion de lire des romans mettant en scène des hommes préhistoriques... A vrai dire c'est ce qui m'a le plus plu ! En effet l'auteur fait parler ses personnages comme des gens tout à fait normaux voire même très éduqués, le contraste surprend (surtout qu'au début je ne m'attendais pas à un livre comique...) et très vite l'absurdité des dialogues s'est transformée en fou rire ! Le déroulement est lui aussi très bien, il retrace l'évolution de la tribu à travers des épisodes anodins qui ont pourtant forgé ce que nous sommes aujourd'hui. 

Les situations sont elles aussi très drôles et très représentatives des personnages tous très... très spéciaux disons... ^^ Chacun a un caractère et un talent propre qui aporte son petit quelque chose à la lente marche de l'évolution humaine. Le narrateur, Ernest, fait aussi beaucoup rire par son ton très professeur et par ses réflexions toujours très recherchées (et qui n'ont pas lieu d'être...). Son père quant à lui trouve toujours des idées dignes des plus grands savants mais reste stupéfait devant un dessin effacé comme par magie (après une pluie) ou encore prend peur quand un des frères lui dessine une deuxième ombre qui "s'arrache" quand il bouge... En d'autre terme Einstein mais avec l'innocence de Peter Pan (petit clin d'oeil à l'ombre ^^'). Mais même dans leur bétise, les personnages se sentent toujours supérieurs et chacun est convaincu d'agir toujours pour le bien de l'humanité sans essayer de comprendre le point de vue des autres... Ainsi s'affrontent (gentiment) Edouard, le père, et son frère Vania. Encore une fois, c'est très intéressant d'avoir sous les yeux ces deux points de vue (le progrès et l'anti-progrès). On peut réfléchir objectivement et se forger notre propre opinion en pesant le pour et le contre. Mais d'une manière générale, ce livre n'aborde pas que ce sujet, je vous parle du plus évident mais je suis sure que vous en trouverez d'autre ;)

J'ai trouvé la fin un peu sordide même si elle parle d'elle même et elle m'a laissé un petit goût amer, un dernier rire mais jaune cette fois...

A chaque passage on voit directement où l'auteur veut en venir. Trop prévisible me direz-vous. Eh bien pas du tout, au contraire on savoure les évènements avec délice et on ne peut s'empécher de sourire devant l'ironie de l'auteur et devant la finesse du jeu entre les personnages et le lecteur qui petit à petit se rend compte qu'il rit aussi de lui même. En effet, Ernest et sa horde ne sont en fait qu'une caricature de ce que nous sommes : des Hommes. Je le conseille réellement à tous ceux qui veulent lire quelque chose de simple, de bien écrit et de distrayant tout en gardant l'impression de ne pas avoir perdu son temps pour autant !

Val

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05 mai 2013

The Agency - tome 3 : Les secrets du Palais, Y.S. Lee

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HIVER 1860. Nouvelle mission pour Mary, et pas des moindres : la reine Victoria en personne fait appel à l'Agency pour découvrir qui, parmi son entourage, dérobe jour après jour les objets d'art de Buckingham.
Mais la tâche se complique : le beau James est lui aussi mandaté pour les travaux du palais, alors que sa relation avec Mary est plus tumultueuse que jamais ! Et voici qu'il met au jour un complot contre la reine... (source)
Premières pages du livre ICI

     J'ai acheté ce roman dès sa sortie française que j'attendais depuis plus d'un an. J'ai honte de le dire mais je l'ai dévoré en une soirée, la patience n'est pas mon fort... ^^ Au final, j'ai quand même été pas mal déçue (ça m'arrive beaucoup ces temps-ci, je crois que je deviens difficile), il manquait entre autres à ce roman le petit quelque chose qui m'avais plu dans les deux premiers tomes.

J'étais ravie à l'idée de retrouver la ville de Londres à l'époque victorienne que j'affectionne tant mais Les secrets du Palais n'a pas complètement répondu à mes attentes... C'est sans doute dû au fait que le plus gros de l'action se déroule dans le Buckingham Palace et non pas dans les rues de la ville. Ce côté un peu enfermé ne m'a pas trop plu, je n'ai pas retrouvé l'ambiance brumeuse et entêtante des premiers tomes. Il est possible que Y.S. Lee, par ce changement de décor, aie voulu plonger le lecteur dans l'intimité du Palais mais j'ai eu du mal a m'y faire, j'ai trouvé que c'était trop peu précis et que cela manquait de réalisme. 

Mais ce qui m'a le plus déçue c'est l'intrigue en elle même, l'enquête, qui était vraiment très mal construite, trop simple et sans originalité. Elle n'était pas captivante, je n'ai pas été emportée et la lecture ne m'a donc pas marquée. Tout ce déroulait un peu trop facilement et rien n'avait vraiment d'intérêt... J'ai même trouvé la fin presque grotesque (spoiler : C'est la Reine Victoria qui déjoue les plans du "malfaiteur", au milieu des égouts du palais...). Tout ce qui tournait autour du père de Mary était plutôt bien fait mais un peu léger quand on pense à l'ampleur donnée par l'auteur à cette figure paternelle dans les premiers tomes.

Le point positif majeur de ce roman reste donc la relation entre James et Mary qui évolue enfin, je crois que je n'aurai pas supporté d'attendre un tome supplémentaire. Et j'ai retrouvé James avec grand plaisir, son arrogance et son ironie toujours au rendez-vous ^^

En conclusion, un livre trop simple et sans surprises dignes de ce nom. Y.S. Lee a apparemment voulu introduire beaucoup de choses différentes dans son roman (Le père de Marie, la disparition d'objets, l'assassinat, le complot, le Prince Edward, la relation James/Mary, Octavius Jones....) sans réussir a bien les ordonner pour mettre en lumière les plus importantes. On reste donc avec une impression de bâclé, d'un roman fait à la va-vite qui perd beaucoup de son potentiel en chemin...

Alice.

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25 avril 2013

Double jeu, Judy Blundell

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     1950. Quand Kit Corrigan, 17 ans, débarque à New York, elle est seule en ville. Elle a quitté Providence, sa famille, et rompu avec Billy, son petit ami qui s’est engagé en Corée. New York ne l’accueille pas les bras ouverts et Kit obtient un second rôle dans un spectacle à Broadway pour vivre chichement. Le destin vient à son secours par le plus improbable des êtres. Le père de Billy, Nate Benedict, avocat véreux, lui offre une chance inespérée : devenir danseuse au Lido et vivre dans un appartement agréable. En échange de quelque chose qui se révélera trop lourd à porter pour Kit… (source)

Judy Blundell nous offre un roman noir dans lequel les adolescents découvrent les actions douteuses de leurs aînés. Un roman d'amour, certes, mais un de ceux où les motivations de l'héroïne ne sont pas aussi pures que son coeur.  NY Times

J'ai eu un peu de mal avec le début de ce roman qui ne m'a pas immédiatement emballée mais j'y ai finalement pris goût et j'ai été assez séduite, notamment par l'atmosphère particulière qui s'en dégage.

Si je ne suis pas facilement entrée dans ce livre, c'est tout d'abord à cause de l'alternance de l'action présente et d'éléments du passé de Kit, au fil des chapitres. Je n'ai pas de suite saisi l'utilité de ce mode de narration et j'ai donc trouvé quelques longueurs dans le début. Bien sûr, cet aspect s'avère ensuite très utile, notamment pour mieux appréhender la personnalité de Kit, agréable, mais sans plus. J'ai trouvé qu'elle ne se révoltait pas assez vis à vis de Nate qui la manipule un peu trop, j'aurais bien aimé qu'elle lui dise ce qu'elle a sur le coeur.

L'ambiance de l'Amérique des années 50 est très perceptible, notamment dans des lieux assez emblématiques de cette période (ou de l'idée que j'en ai), comme le Lido, et bien sûr dans l'intrigue principale, qui tourne autour d'une histoire de mafieux, de trafics et de règlements de compte (en résumé très bref ^^). On a aussi le contexte mondial, avec la guerre de Corée, rapidement survolé, un peu trop rapidement à mon goût justement...

Sans être extraordinaire, ce roman est agréable à lire et sort un peu de l'ordinaire, il aborde le thème de la gloire et de la réussite sous un angle plus intime mais intéressant, avec une héroïne qui n'a pas eu une vie facile prête a tout pour s'en sortir, quitte a certain sacrifices.

Alice.

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24 avril 2013

Entre chiens et loups - tome 4 : Le retour de l'aube, Malorie Blackman

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Tobey est amoureux de Callie. Fou amoureux. Pour son anniversaire, il veut lui offrir un cadeau digne d'elle, un cadeau de valeur. Alors il va accepter le pire : effectuer une livraison pour le gang de McAuley. En échange d'un peu d'argent. Un peu d'argent qui le conduira directement en enfer...  (source)

Après le niveau des tomes précédents, je m'attendais à bien mieux pour Le retour de l'aube, qui m'a affreusement déçue...

A la fin du tome 3, Malorie Blackman avait laissé pas mal de questions en suspend, une suite était donc quasi-indispensable. Mais j'ai quand même que trouvé ce tome 4 était de trop. L'auteur s'essouffle, l'intrigue est beaucoup moins prenante et perd de son intensité.

Tout d'abord, je m'attendais à retrouver Callie Rose dans toute sa splendeur, eh bien non... Elle passe la moitié du roman à l'hôpital, le personnage principal est donc Tobey, ce que le résumé laissait présager mais quand même... D'ailleurs, c'est la famille Hadley/McGrégor au complet qui est zappée, Sephy non plus n'est plus du tout au centre du roman. Jusque là, cela aurait pu passer, mais je n'ai pas du tout été accrochée par le personnage de Tobey. Je n'ai pas réussi à le cerner vraiment, il m'a paru banal, bref, il manquait d'intérêt. De plus, sa relation avec Callie fait pâle figure à côté de celle entre Sephy et Callum

Et du côté de l'intrigue, j'ai vraiment eu l'impression que Malorie Blackman "trahissait" les valeurs du roman (je m'emporte peut-être un peu ^^). Le thème des injustices entre Nihils et Primas fait presque office de tapisserie, il est très peu abordé. Et comme pour accentuer cela, tout tourne désormais autour d'une histoire de gangs et de règlements de comptes, encore un manque d'originalité.

Et pour finir, la fin m'a vraiment étonnée dans le sens où elle m'a laissée une sensation d'inachevé, plutôt inopportune dans un roman qui vient clore une saga. Comme je le disait précédemment, tout ce qui touche aux rapports Primas/Nihils est mis de côté, on ne sais pas comment les choses vont évoluer, que ce soit en bien ou en mal. Et c'en est de même pour les personnages qui sont un peu laissés en plan, même après l'épilogue les choses ne s'éclaircissent presque pas.

En conclusion, c'est une grosse déception, un dernier tome largement pas au niveau des précédents et qui clôt une superbe série de façon un peu trop amère...

Alice.

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22 avril 2013

Entre chiens et loups - tomes 2 et 3, Malorie Blackman

✦ Attention aux spoiler pour ceux qui n'ont pas lu le tome 1, ne gâchez pas une si bonne lecture... 

 


Résumé du tome 2 - La couleur de la haine - Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Noirs et Blancs ne se mélangent pas. Jamais. Pourtant, Callie Rose est née. Enfant de l'amour pour Sephy et Callum, ses parents. Enfant de la honte pour le monde entier. Chacun doit alors choisir son camp et sa couleur.

Mais pour certains, cette couleur prend une teinte dangereuse... celle de la haine.    

Résumé du tome 3 - Le choix d'aimer - Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Dans ce monde, une enfant métisse est pourtant née, Callie Rose. Une vie entre le blanc et le noir. Entre l'amour et la haine. Entre des adultes prisonniers de leurs propres vies, de leurs propres destins. Viendra alors son tour de faire un choix. Le choix d'aimer, malgré tous, malgré tout...

J'ai décidé de faire un article groupé sur ces deux tomes car j'ai trouvé qu'ils formaient une sorte d'unité au sein de la saga (de quatre tomes).

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   Dans le tome 2, on retrouve Sephy, quelques mois après la mort de Callum, et enceinte de Callie Rose. Elle a été jetée dehors par son père et vis seule dans un petit appartement miteux. Elle accouche au tout début du roman. S'en suivent plusieurs chapitres où elle écrit en s'adressant à sa fille (encore bébé). J'avoue avoir eu très peur que tout le roman se déroule ainsi mais ce n'est pas le cas. En réalité, ce tome est plutôt centré sur le retour à la "vie normale" de Sephy. Tout va mal, le monde est toujours déchiré entre les Nihils et les Primas et Sephy n'est acceptée d'aucun des deux côté. C'est en cet aspect que ce roman est "magistralement terrible", Sephy est exclue, méprisée par tous, elle se sent responsable de la mort de Callum et doute de son amour. Elle se retrouve prise au piège du système qui est, par dessus le marché, administré par son père. On suit donc sa progression difficile dans une vie tout sauf idéale, on la voit chuter, être rabaissée, mais elle se relève toujours. Ce roman m'a vraiment prise aux tripes, la douleur de Sephy m'a bouleversée.

Une chose qui m'a surprise est de retrouver Jude (le frère de Callum) dans ce roman. Et c'est en le rencontrant que le mot "haine " prend tout son sens. Ce personnage n'était pas très approfondi dans le premier tome mais c'est chose faite, et j'ai même eu l'impression qu'il était le personnage principal de La couleur de la haine. Il est profondément seul et j'ai parfois éprouvé de l'affection envers lui mais ces actes sont impardonnables. Après la mort de Callum, il a développé un profonde aversion vis à vis de Sephy qui a transformé son coeur en pierre.

Jasmine, la mère de Sephy et Meggie, la mère de Callum on elles aussi un place toute particulière dans le roman.


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Dans le début du tome 3, Callie Rose a 15 ans et elle s'apprête à commettre un acte irréparable. Tout le roman est basé sur des retours en arrière qui montrent l'évolution de Callie depuis son enfance. On voit se dessiner sa personnalité, impulsive, colérique et loyale. Elle découvre le passé de sa mère et, au fur et a mesure de l'histoire, entre en conflit violent avec elle. On a accès à la fois aux pensées de Jude, plus froid et obstiné que jamais, de Callie, qui tente tant bien que mal de se construire, et de Sephy, qui ne sait plus quoi faire pour que sa relation avec sa fille s'améliorent. ans ce tome, Jude m'a particulièrement horripilée, détestable du début à la fin.

En définitive, c'est ce que j'adore avec cette saga. Elle fait naître en nous des sentiments intenses, presque primitifs. Ce que je pourrais cependant lui reprocher est de ne pas suffisamment creuser certaines réflexions et de (justement) tout miser dans les émotions. Ces pensées gagneraient à être développées.

Alice.

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21 avril 2013

L'attrape-coeurs, J.D. Salinger

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Phénomène littéraire sans équivalent depuis les années 50, J. D. Salinger reste le plus mystérieux des écrivains contemporains, et son chef-d'oeuvre, " L'attrape-coeurs ", roman de l'adolescence le plus lu du monde entier, est l'histoire d'une fugue, celle d'un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n'ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents. Trois jours de vagabondage et d'aventures cocasses, sordides ou émouvantes, d'incertitude et d'anxiété, à la recherche de soi-même et des autres. L'histoire éternelle d'un gosse perdu qui cherche des raisons de vivre dans un monde hostile et corrompu.

J'ai commencé la lecture de ce livre sans trop savoir à quoi m'attendre. Je projetais de lire L'attrape-coeur depuis pas mal de temps mais sans savoir exactement pourquoi... Je me suis donc lancée de manière un peu aveugle dans cette lecture, qui m'a totalement conquise.

Holden est un des personnages de romans les plus intéressants que j'ai rencontrés. C'est un ado plutôt banal au premier abord, cancre et un brin insolent, mais, au fur et à mesure du roman, il se révèle mûr et intelligent, franc et impulsif parfois un peu cynique mais sans aucun doute extrêmement attachant . Durant les trois jours qu'il va passer seuls, on va l'observer errer dans les rues de New-York, mais également, et de manière étrangement liée, dans son esprit. Chaque élément de la vie de tous les jours, du plus anodin au plus fondamental, va occuper une place dans ses pensée profondes, il va essayer de l'analyser, de le comprendre. Et c'est cet aspect qui en fait un roman impossible à rater par n'importe quel adolescent. J'ai aussi bien apprécié le fait que toute cette "aventure" ne le mène pas a quelque chose d'un peu trop extraordinaire mais qu'il revienne juste à la vie normale, tout en en ayant mûri intérieurement.

L'attrape-coeurs semble écrit par Holden lui-même, s'adressant directement au lecteur (comme un sorte de journal), d'où l'utilisation d'un langage familier. Mais ce qui rend ce livre encore plus authentique, et le personnage de Holden encore plus représentatif de tous les adolescents, c'est la manière dont s'ordonnent ses propos. Ou plutôt ne s'ordonnent pas du tout. Tout est écrit de façon instantanée, le roman est en quelque sorte une accumulation de pensées impétueuses qui n'ont parfois aucun lien entre elles, de petits morceaux de vie qu'Holden nous livre sans les trier, comme ils lui viennent. On est emportés dans un tourbillon de détails foisonnants et hétéroclites, qui nous laisse à l'arrivé étourdit mais comblé.

En définitive, je dirai que L'attrape-coeurs semble vivant.

Voici un extrait du livre (la première phrase): "Si vous voulez vraiment que je vous dise, alors sûrement la première chose que vous allez me demander c'est où je suis né, et à quoi ça a ressemblé, ma saloperie d'enfance, et ce que faisaient mes parents avant de m'avoir, et toutes ces conneries à la David Copperfield, mais j'ai pas envie de raconter ça et tout."

Alice (et Val pour l'extrait ^^)

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07 avril 2013

La nuit de la 25ème heure, Edward Hogan

     41bnk9ILGCLDan, adolescent mal dans sa peau, passe ses vacances d’automne avec son père dans un complexe de loisirs type Center Parks, bungalows en forêt, vélos et piscine sous dôme. La mère est partie avec un autre, le père boit trop : ça ne va pas fort. Le garçon remarque alors Lexi, étrange jeune fille qui nage jour après jour dans l’étang glacial. Lexi est drôle, intelligente, lui donne confiance en lui, mais est aussi terriblement mystérieuse. Qu’en est-il de ces bleus sur son visage qui sont plus marqués à chaque rencontre ? Pourquoi semble-t-il être le seul à la voir ? Une seule chose est sûre : avant le passage à l’heure d’hiver, Dan risquera tout pour mettre à jour la menace qui pèse sur Lexi et briser le cycle de la terreur. Alors seulement, elle et lui pourront, chacun à leur manière, retrouver la paix et leur place en ce monde… (babelio)

Je n'était, à la base, pas spécialement emballée par la lecture de ce livre mais j'ai été agréablement surprise. L'écriture m'a d'abord parue assez anodine mais je me suis vite rendue compte que cette désinvolture avait quelque chose d'assez ironique et grinçant. L'auteur dresse une critique des classes moyennes, attachées à leur normalité sans vouloir la lâcher, qui dissimulent les remous de leur vie aux yeux des autres, quitte à faire certains sacrifices, notamment dans l'éducation de leurs enfants. 

Avant la lecture, l'idée de l'adolescent mal dans sa peau ne m'emballait pas, je craignais le côté mélodramatique de la chose. Et bien pas du tout. Dan m'a bien plu, il est intelligent et possède un petit humour sarcastique qui m'a fait sourire plus d'une fois. J'ai aimé son détachement par rapport aux choses, aux autres. Les moqueries qu'on lui a fait subir, sa situation familiale l'ont rendu plus fort et plus mûr ce qui en fait un personnage très intéressant.

L'intrigue m'a aussi beaucoup surprise, ce n'est pas ce à quoi je m'attendais mais cela reste très bien réussi. La touche de fantastique est là mais juste comme il faut, le suspens et l'émotion aussi. L'ambiance de ce parc de loisirs est très originale et dénote avec le côté "thriller" du roman, encore un aspect hors du commun.

En définitive, ce roman m'a bien plu. Je n'ai pas été transportée comme celà m'arrive parfois mais j'ai vraiment eu l'impression de changer d'air, de lire quelque chose de différent, et je peux vous garantir que ça fait beaucoup de bien.

Alice.

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Entre chiens et loups, Malorie Blackman

68329789   Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Un monde où les communautés s'affrontent à coups de lois racistes et de bombes. C'est un monde où Callum et Sephy n'ont pas le droit de s'aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d'un rebelle clandestin... Et s'ils changeaient ce monde ? (babelio)

Entre Chiens et Loups de Malorie Blackman est un best-seller en Angleterre, il y a raflé tous les prix de littérature jeunesse lors de sa sortie en 2002. Il figure depuis dans le classement de la BBC des 100 meilleurs livres toutes catégories confondues (le "BBC Big Read Top 100").

La lecture de ce livre m'a laissée totalement retournée. Et j'ai adoré. Il s'en dégage tellement d'injustice et de passion qu'il donne envie de se lever et de hurler. Même si ces sentiments ne sont pas présents dès le début du roman, ils grandissent crescendo, pour une fin au sommet.

   L'intrigue, même si elle n'est pas très originale, reste cependant assez osée. Le monde de Sephy et Callum et le même que le notre. A un élément près. Dans leur monde, les "Noirs" (les Primas) possèdent le pouvoir, alors que les "Blancs" (les Nihils) sont exclus de la société. Mais qui ne s'est jamais imaginé ça ? Même si la ségrégation telle qu'on peut la concevoir, séparant de façon physique les individus de couleur de peau différente (que ce soit aux Etats-Unis au début du XXème siècle ou l'Apartheid en Afrique du Sud) est "terminée", il ne faut pas oublier que le racisme n'est pas définitivement enterré. Et quoi de mieux qu'une histoire d'amour interdite, un Roméo et Juliettecontemporain, pour toucher le lecteur droit au coeur ? Et bien c'est un pari réussi. Dans ce roman, Malorie Blackman ne s'implique pas de façon extrêmement virulente mais avec beaucoup de légèreté au contraire. Son livre n'est pas un essai philosophique et reste un roman pour la jeunesse, mais écrit avec beaucoup de justesse. Les deux personnages son passionnants, leur histoire d'amour aussi. Elle n'a rien de niais ou de superficiel, elle est très forte et émouvante à la fois, mais surtout triste car, tout comme le lecteur, ils la savent vouée à l'échec.

Alice.

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Note sur l'auteur : Après avoir travaillé comme programmatrice informatique, Malorie Blackman se met à écrire pour les enfants et les adolescents. Son premier livre, Not So Stupid, un recueil de nouvelles est publié en 1990. Malorie Blackman devient une auteur à plein temps suite ausuccès recueilli par son premier roman Hacher qui sort en 1994 et qui est couronné par de nombreux prix. Depuis, cet auteur majeur de littérature jeunesseen Angleterre a signé 50 ouvrages. Auteur à succès, certains de ses livres sont des best-sellers en Angleterre. (source ICI)

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Posté par keiralice à 11:23 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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