28 mai 2013

1984, George Orwell

1984

4ème de couverture : De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartir comme un flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le feu aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée.

Je voulais lire ce livre depuis pas mal de temps, tout d'abord parce qu'il s'agit d'un classique dont je n'avais entendu que du bien mais aussi parce qu'il constitue un texte de référence en matière de dystopie (Suzanne Collins, l'auteur de Hunger Games, n'a rien inventé d'exceptionnel...).

Ce roman et séparé en trois parties. La première m'a bien plu mais sans plus, j'ai lu les deux dernières comme si ma vie en dépendait (mais tout en les savourants ^^). 

Dans ce roman, on suit le personnage de Winston, un membre plutôt banal (en apparence) du Parti Extérieur (voir image pyramide ). Dans la première partie du roman l'histoire se met doucement en place. On suit Winston tout au long de ses journées, au Ministère de la vérité où il travaille, ainsi que chez lui. Cela nous permet d'avoir une idée plus précise du mode de vie des habitants de l'Océania, des événements qui rythment leur quotidien. 

Au début, Winston m'a paru un peu faible, je m'attendais a un sorte de super-héros se battant pour défendre ses convictions mais je n'ai trouvé qu'un docile fonctionnaire essayant de paraître le plus inoffensif possible... Mais après réflexion, je pense que cet aspect "monsieur-tout-le-monde" qui semble s'accrocher à Wilson constitue en réalité une des forces  du roman. On voit comment il développe ses réflexions personnelles au détriment de la doctrine imposée par le Parti (L'Angsoc), comment il enfreint les règles qui garantissaient sa survie. Il se transforme de façon rapide, notamment grâce à la relation amoureuse illégale qu'il entretient avec Julia.

La deuxième partie du roman est majoritairement constituée d'extraits du livre écrit par Goldstein (un "ennemi du Parti"). J'ai l'ai trouvé passionnant, il constitue presque un essai politique, qui analyse chacun des rouages faisant fonctionner le Parti. Il explique en quoi la guerre est indispensable au bon fonctionnement du Parti, même si elle ne se justifie pas d'un point de vue purement matériel (chaque Etat possède une économie intérieure indépendante). Il dresse une sorte de "théorie des classes sociales" plus vraie que nature, il explique comment l'instauration d'un tel régime a été possible... Toutes les réflexions abordées sont très justes et trouvent leur fondement dans des événement historiques bien réels, que ce soit la Révolution française, le totalitarisme de Staline ou d'Hitler. Toutes les réflexions autour de la doublepensée (=capacité à faire coexister dans son esprit deux idées opposées en les acceptants toutes les deux, mettant ainsi en veilleuse l'esprit critique.) et de la novlangue (=langue officielle du Parti) sont aussi très intéressantes.

La troisième partie du roman approfondit en quelque sorte les thèses énoncées précédemment à travers différentes péripéties plutôt tragiques. L'auteur propose une remise en question effrayante de tout se que nous connaissons, de nos convictions profondes, et cela fait froid dans le dos. Parce que cela paraît réel. Toutes ses petites idées qu'il introduit dans notre esprit et qui bouleversent nos certitudes apportent des réflexions captivantes et, quelque part, essentielles

Je conseille vivement ce livre à chacun d'entre vous, sans doute un des meilleurs que j'ai lus.

Alice.

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Extraits :

Se confesser n'est pas trahir. Ce que l'on dit ou fait ne compte pas. seuls les sentiments comptent. S'ils peuvent m'amener à cesser de t'aimer, là sera la vraie trahison.

"Si je le désirais, avait dit O'Brien, je pourrais m'envoler de ce parquet et flotter comme une bulle de savon". Winston étudia cette phrase. S'il pense qu'il flotte au-dessus du parquet et si, en même temps, je pense que je le vois flotter, c'est qu'il flotte.

 

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carte : en rose = Océania / en violet = Eurasia / en vert = Estasia / en jaune = disputé

 

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21 avril 2013

L'attrape-coeurs, J.D. Salinger

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Phénomène littéraire sans équivalent depuis les années 50, J. D. Salinger reste le plus mystérieux des écrivains contemporains, et son chef-d'oeuvre, " L'attrape-coeurs ", roman de l'adolescence le plus lu du monde entier, est l'histoire d'une fugue, celle d'un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n'ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents. Trois jours de vagabondage et d'aventures cocasses, sordides ou émouvantes, d'incertitude et d'anxiété, à la recherche de soi-même et des autres. L'histoire éternelle d'un gosse perdu qui cherche des raisons de vivre dans un monde hostile et corrompu.

J'ai commencé la lecture de ce livre sans trop savoir à quoi m'attendre. Je projetais de lire L'attrape-coeur depuis pas mal de temps mais sans savoir exactement pourquoi... Je me suis donc lancée de manière un peu aveugle dans cette lecture, qui m'a totalement conquise.

Holden est un des personnages de romans les plus intéressants que j'ai rencontrés. C'est un ado plutôt banal au premier abord, cancre et un brin insolent, mais, au fur et à mesure du roman, il se révèle mûr et intelligent, franc et impulsif parfois un peu cynique mais sans aucun doute extrêmement attachant . Durant les trois jours qu'il va passer seuls, on va l'observer errer dans les rues de New-York, mais également, et de manière étrangement liée, dans son esprit. Chaque élément de la vie de tous les jours, du plus anodin au plus fondamental, va occuper une place dans ses pensée profondes, il va essayer de l'analyser, de le comprendre. Et c'est cet aspect qui en fait un roman impossible à rater par n'importe quel adolescent. J'ai aussi bien apprécié le fait que toute cette "aventure" ne le mène pas a quelque chose d'un peu trop extraordinaire mais qu'il revienne juste à la vie normale, tout en en ayant mûri intérieurement.

L'attrape-coeurs semble écrit par Holden lui-même, s'adressant directement au lecteur (comme un sorte de journal), d'où l'utilisation d'un langage familier. Mais ce qui rend ce livre encore plus authentique, et le personnage de Holden encore plus représentatif de tous les adolescents, c'est la manière dont s'ordonnent ses propos. Ou plutôt ne s'ordonnent pas du tout. Tout est écrit de façon instantanée, le roman est en quelque sorte une accumulation de pensées impétueuses qui n'ont parfois aucun lien entre elles, de petits morceaux de vie qu'Holden nous livre sans les trier, comme ils lui viennent. On est emportés dans un tourbillon de détails foisonnants et hétéroclites, qui nous laisse à l'arrivé étourdit mais comblé.

En définitive, je dirai que L'attrape-coeurs semble vivant.

Voici un extrait du livre (la première phrase): "Si vous voulez vraiment que je vous dise, alors sûrement la première chose que vous allez me demander c'est où je suis né, et à quoi ça a ressemblé, ma saloperie d'enfance, et ce que faisaient mes parents avant de m'avoir, et toutes ces conneries à la David Copperfield, mais j'ai pas envie de raconter ça et tout."

Alice (et Val pour l'extrait ^^)

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10 décembre 2012

Sortie cinéma Anna Karenine, Joe Wright

Anna-Karenine[1]

Après l'adaptation du célèbre roman de l'auteur russe Léon Toltoï avec Sophie Marceau (1997), on redécouvre une nouvelle fois Anna Karénine avec Keira Knightley, Jude Law et Aaron Jonhson. Le film est sortit le 5 décembre et j'attends impatiemment d'aller le voir. Moi qui adore les films d'époque avec les grandes robes et la tragique histoire d'amour qui va avec, je dois avouer que je suis plus qu'enthousiaste à l'approche de cette sortie. En précisant également que trois de mes acteurs fétiches sont à l'affiche ^^! Le potentiel stylistique du film fait déjà parler de lui et on prévoit des costumes inoubliables. Et l'affiche! Magnifique n'est ce pas! On se croirait presque à un ballet de Casse-noisette. Russie: me voilà!

Distribution: Aaron Taylor-Johnson, Keira Knightley, Kelly MacDonald, Jude Law, Matthew MacFadyen, Olivia Williams, Emily Watson, Michelle Dockery, Domhnall Gleeson

RésuméRussie, 1874, Anna Karénine est mariée à Karénine, un haut fonctionnaire du gouvernement à qui elle a donné un fils. À la réception d’une lettre de son incorrigible séducteur de frère Oblonski, la suppliant de venir l’aider à sauver son mariage avec la jolie Dolly, elle se rend à Moscou. Au cours de son voyage, elle rencontre la comtesse Vronski ainsi que son fils, un charmant officier de la cavalerie, vient accueillir à la gare. Entre eux, c'est le coup de foudre. De retour à Saint-Petersbourg, Anna s’évertue à reprendre sa calme vie de famille mais son obsession pour le jeune officier ne cesse de la tourmenter. Elle s’abandonne alors à une relation adultère qui scandalise toute l’aristocratie locale.

Anna-Karenina-2012-Stills-anna-karenina-by-joe-wright-32234622-940-627[1]Val

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