21 août 2014

Geisha, Arthur Golden

Geisha

En plein dans ma période Japon je tiens à vous présenter Geisha d'Arthur Golden que j'ai déniché ce mois-ci dans une brocante de bord de mer... J'avais entendu parlé du film avec Zhang Ziyi que j'adore donc je me suis tout naturellement dirigée sur le livre. Je vous laisse découvrir le résumé :

A neuf ans, dans le Japon d'avant la Seconde Guerre mondiale, Sayuri est vendue par son père, un modeste pêcheur, à une maison de plaisir de Kyoto. Dotée d'extraordinaires yeux bleus, la petite fille comprend vite qu'il faut mettre à profit la chance qui est la sienne. Elle se plie avec docilité à l'initiation difficile qui fera d'elle une vraie geisha.
Art de la toilette et de la coiffure, rituel du thé, science du chant, de la danse et de l'amour : Sayuri va peu à peu se hisser au rang des geishas les plus convoitées de la ville. Les riches, les puissants se disputeront ses faveurs. Elle triomphera des pièges que lui tend la haine d'une rivale. Elle rencontrera finalement l'amour…
Ecrit sous la forme de mémoires, ce récit a la véracité d'un exceptionnel document et le souffle d'un grand roman. Il nous entraîne au coeur d'un univers exotique où se mêlent érotisme et perversité, cruauté et raffinement, séduction et mystère.

Je crois pouvoir dire que ce livre est un coup de coeur. Ce n'est pas tant par son originalité qu'il m'a séduit puisque l'univers des geishas des années trente est assez  traditionel mais simplement  son potentiel "dépaysement". J'ai appris énormément de choses sur ces femmes dont la profession est souvent mal interprétée par les occidentaux. Fascinant, passionnant... Voici les deux mots qui me viennent à l'esprit pour cette histoire. Nul besoin d'être initié ou d'avoir une quelconque affinité avec le sujet pour apprécier ce livre. Les mots et ce destin exceptionnel suffisent à donner du coffre et l'héroine, attanchante et épatante nous émerveille. La lecture est fluide, crédible au point de plonger le lecteur dans les petites rues du quartier de Gion. Un vrai régal ! Seule la fin n'était pas à mon goût mais là c'est une question assez personnelle. Bref, vous l'aurez compris, voyage garantit !

Une critique en 4e de couverture a particulièrement attiré mon attention : "Il est difficile de concevoir qu'un homme, américain de surcroît, ait si délicieusement pénétré l'univers, entre effroi, candeur et calcul, d'une courtisane de haut vol au pays du Soleil Levant." Laurence Vidal, Gala. Je n'avais pas percuté ce détail mais si on y réfléchi à deux fois, cela rend ce livre encore plus notable...

 

Mémoire d'une Geisha

 

5 étoiles

 

Val

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16 juin 2013

Sous le règne de Bone, Russell Banks

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4ème de couverture : "Mon existence est devenue intéressante, disons, l’été de mes quatorze ans. J’étais à fond dans la fumette et comme j’avais pas d’argent pour m’acheter de l’herbe je me suis mis à fouiner tout le temps dans la maison pour dénicher des trucs à vendre - mais il n'y avait pas grand chose" C’est alors que Bone, avec sa crête, son nez percé et le tatouage fondateur de son identité - des os en croix - prend la route, et que le roman se déploie au fil de ses aventures et de ses rencontres avec tout ce que l’Amérique puis la Jamaïque comptent de marginaux, d’aventuriers et de sages. Un percutant roman de formation sous forme de road movie.

Ce roman est le premier que j'ai lu de Russell Banks, mais surement pas le dernier !

J'ai beaucoup aimé ce livre, à la fois intense et drôle. Il dépeint une tranche de la vie de Bone, entre une petite ville de l'Etat de New-York et les plantations de ganja en Jamaïque.

Bone est un personnage qui m'a bien plu. J'avais quelques appréhensions vite envolée, puisqu'il s'est révélée être intelligent, drôle et touchant. J'avais peur qu'il soit trop inconscient, déconnecté de la réalité et d'une certaine morale, mais pas du tout. Contrairement à certains des personnages qu'il va rencontrer, il garde les pieds sur terre et fait preuve de maturité face aux événement. Il m'a donné l'impression de chercher quelque chose sans trop savoir quoi, la liberté, l'aventure ou même de l'affection... La plume de l'auteur permet de se sentir au plus près de son personnage, de ressentir chacune de ses émotions, notament en utilisant un langage familier (ce qui m'a parfois rappelé L'attrape-coeurs).

Durant son voyage, Bone va côtoyer de nombreux individus sans aucun liens entre eux, mais unis par une même extravagance (parfois flippante, je l'avoue...), ce sont en partie eux qui créent cette diversité dont le roman est empreint.

Pour moi, ce roman est en quelque sorte un récit de découvertes. Pour nous, lecteurs, comme pour Bone. Découvertes de lieux, d'individus, de cultures, et de modes de vie pour le moins étranges, mais intéressants. C'est un aspect du roman que j'ai adoré, les différentes ambiances dans lesquelles Russell Banks plonge le lecteur, qui se laisse emporter sans avec fluidité. Cette sensation de voyage et quasi omniprésente, l'auteur nous fait aller de surprises en surprises et met en lumière une société américaine peu connue et parfois dérangeante. Toute la deuxième partie du livre, qui s'introduit dans le mode de vie "rasta" jamaïcain m'a permis de le découvrir sous un angle un peu moins cliché, ce qui m'a beaucoup plu.

Je pourrais cependant reprocher à ce roman quelques longueurs dans le début, j'ai eu un peu de mal a rentrer immédiatement dans l'histoire.

Je vous conseille ce livre pour son immense diversité d'atmosphères et de personnages, pour son invitation à la liberté et l'évasion, et pour Bone, personnage exceptionnel.

Alice.

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10 juin 2013

Django Unchained, Quentin Tarantino

imagesCAXSHAY2Synopsis (allociné): Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs.
Alors que les deux hommes pistent les dangereux criminels, Django n’oublie pas que son seul but est de retrouver Broomhilda, sa femme, dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves…
Lorsque Django et Schultz arrivent dans l’immense plantation du puissant Calvin Candie, ils éveillent les soupçons de Stephen, un esclave qui sert Candie et a toute sa confiance. Le moindre de leurs mouvements est désormais épié par une dangereuse organisation de plus en plus proche… Si Django et Schultz veulent espérer s’enfuir avec Broomhilda, ils vont devoir choisir entre l’indépendance et la solidarité, entre le sacrifice et la survie…

Et encore un gros coup de coeur avec Django Unchained du déjanté Tarantino ! Le réalisateur s'attaque au western et sort des sentiers battus en modernisant le genre. Et en avant avec les litres de sauces tomates, avec Django on repeint les murs ! Tarantino fidèle à lui même classe le film interdit au moins de 12 ans et ne lésine pas sur la hauteur du giclage... Cet excès de violence est bien entendu à prendre au second degrés même si je le déconseille fortement aux âmes sensibles ! Les dialogues et les répliques du docteur Schultz sont énergiques et rythment le film de façon a ce qu'il n'y ai aucun moment d'ennui ! Également une bonne dose de rire avec le docteur Schultz, son acolyte Django et leur humour casant... Je retiendrai également la musique, mélange décalé mais très réussi de rap, de musique années 60 et bien sûr de musique de western (dont une de Ennio Morricone, compositeur que j'adore !).

Casting: Jamie Foxx (Django), Christoph Waltz (Schultz), Léonardo DiCaprio (Candie), Samuel L. Jackson (Stephen), Kerry Washington (Broomhilda), Quentin Tarantino himself ! (Frankie)

Bande d'annonce:

Et maintenant un peu de musique avec cette belle découverte dans la bande originale (je l'écoute en boucle !): 

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Val

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28 mai 2013

1984, George Orwell

1984

4ème de couverture : De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartir comme un flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le feu aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance. Seule comptait la Police de la Pensée.

Je voulais lire ce livre depuis pas mal de temps, tout d'abord parce qu'il s'agit d'un classique dont je n'avais entendu que du bien mais aussi parce qu'il constitue un texte de référence en matière de dystopie (Suzanne Collins, l'auteur de Hunger Games, n'a rien inventé d'exceptionnel...).

Ce roman et séparé en trois parties. La première m'a bien plu mais sans plus, j'ai lu les deux dernières comme si ma vie en dépendait (mais tout en les savourants ^^). 

Dans ce roman, on suit le personnage de Winston, un membre plutôt banal (en apparence) du Parti Extérieur (voir image pyramide ). Dans la première partie du roman l'histoire se met doucement en place. On suit Winston tout au long de ses journées, au Ministère de la vérité où il travaille, ainsi que chez lui. Cela nous permet d'avoir une idée plus précise du mode de vie des habitants de l'Océania, des événements qui rythment leur quotidien. 

Au début, Winston m'a paru un peu faible, je m'attendais a un sorte de super-héros se battant pour défendre ses convictions mais je n'ai trouvé qu'un docile fonctionnaire essayant de paraître le plus inoffensif possible... Mais après réflexion, je pense que cet aspect "monsieur-tout-le-monde" qui semble s'accrocher à Wilson constitue en réalité une des forces  du roman. On voit comment il développe ses réflexions personnelles au détriment de la doctrine imposée par le Parti (L'Angsoc), comment il enfreint les règles qui garantissaient sa survie. Il se transforme de façon rapide, notamment grâce à la relation amoureuse illégale qu'il entretient avec Julia.

La deuxième partie du roman est majoritairement constituée d'extraits du livre écrit par Goldstein (un "ennemi du Parti"). J'ai l'ai trouvé passionnant, il constitue presque un essai politique, qui analyse chacun des rouages faisant fonctionner le Parti. Il explique en quoi la guerre est indispensable au bon fonctionnement du Parti, même si elle ne se justifie pas d'un point de vue purement matériel (chaque Etat possède une économie intérieure indépendante). Il dresse une sorte de "théorie des classes sociales" plus vraie que nature, il explique comment l'instauration d'un tel régime a été possible... Toutes les réflexions abordées sont très justes et trouvent leur fondement dans des événement historiques bien réels, que ce soit la Révolution française, le totalitarisme de Staline ou d'Hitler. Toutes les réflexions autour de la doublepensée (=capacité à faire coexister dans son esprit deux idées opposées en les acceptants toutes les deux, mettant ainsi en veilleuse l'esprit critique.) et de la novlangue (=langue officielle du Parti) sont aussi très intéressantes.

La troisième partie du roman approfondit en quelque sorte les thèses énoncées précédemment à travers différentes péripéties plutôt tragiques. L'auteur propose une remise en question effrayante de tout se que nous connaissons, de nos convictions profondes, et cela fait froid dans le dos. Parce que cela paraît réel. Toutes ses petites idées qu'il introduit dans notre esprit et qui bouleversent nos certitudes apportent des réflexions captivantes et, quelque part, essentielles

Je conseille vivement ce livre à chacun d'entre vous, sans doute un des meilleurs que j'ai lus.

Alice.

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Extraits :

Se confesser n'est pas trahir. Ce que l'on dit ou fait ne compte pas. seuls les sentiments comptent. S'ils peuvent m'amener à cesser de t'aimer, là sera la vraie trahison.

"Si je le désirais, avait dit O'Brien, je pourrais m'envoler de ce parquet et flotter comme une bulle de savon". Winston étudia cette phrase. S'il pense qu'il flotte au-dessus du parquet et si, en même temps, je pense que je le vois flotter, c'est qu'il flotte.

 

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carte : en rose = Océania / en violet = Eurasia / en vert = Estasia / en jaune = disputé

 

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25 mai 2013

Bright Star, Jane Campion

Bright starJe n'avais entendu que du mal de ce film mais comme je peux me montrer têtue, j'ai quand même décidé de le voir surtout que j'avais du mal à imaginer un Jane Campion mauvais. J'ai vu et j'ai adoré ! Mais vraiment ! Ce film est aussi beau qu'émouvant.

Résumé: Londres, 1818. Un jeune poète anglais de 23 ans, John Keats, et sa voisine Fanny Brawne entament une liaison amoureuse secrète.
Pourtant, les premiers contacts entre les deux jeunes gens sont assez froids.
John trouve que Fanny est une jeune fille élégante mais trop effrontée, et elle-même n'est pas du tout impressionnée par la littérature.
C'est la maladie du jeune frère de John qui va les rapprocher. Keats est touché par les efforts que déploie Fanny pour les aider, et il accepte de lui enseigner la poésie.
Lorsque la mère de Fanny et le meilleur ami de Keats, Brown, réalisent l'attachement que se portent les deux jeunes gens, il est trop tard pour les arrêter. Emportés par l'intensité de leurs sentiments, les deux amoureux sont irrémédiablement liés et découvrent sensations et sentiments inconnus. " J'ai l'impression de me dissoudre ", écrira Keats. Ensemble, ils partagent chaque jour davantage une obsédante passion romantique qui résiste aux obstacles de plus en plus nombreux. La maladie de Keats va pourtant tout remettre en cause...

Casting: Abbie Cornish, Ben Whishaw, Paul Schneider, Kerry Fox

Avis aux impatients, ce film n'est pas fait pour vous ! En effet, l'histoire met très très longtemps à se mettre en place, mais toutes les fans de Jane Austen et d'autres écrivains romantiques apprécieront cette lenteur et l'intensité qu'elle engage. Le scénario, lui aussi très Austinien, et l'époque raviront celles qui aiment les belles histoires d'amour encrées dans la société anglaise du début du XIXème. Pour ma part, je garde à l'esprit les sublimes costumes de la très coquette Fanny ainsi qu'une scène: celle où Fanny et sa petite soeur élèvent des papillons dans leur chambre en attendant le retour de Keats. Magnifique ! La tendresse infinie qui se dégage de l'amour de Keats et de Fanny m'a beaucoup émue, quant au lien fusionnel qui se créé au long du film, il n'a rien de cliché ou de surfait. Embelli par l'envoutante poésie de John Keats et par la poésie de l'image, vous serez transporté par la douceur et la force de ce premier amour.

Un film empreint de sensibilité et de beauté... Gros gros coup de coeur !

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Val

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22 avril 2013

Entre chiens et loups - tomes 2 et 3, Malorie Blackman

✦ Attention aux spoiler pour ceux qui n'ont pas lu le tome 1, ne gâchez pas une si bonne lecture... 

 


Résumé du tome 2 - La couleur de la haine - Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Noirs et Blancs ne se mélangent pas. Jamais. Pourtant, Callie Rose est née. Enfant de l'amour pour Sephy et Callum, ses parents. Enfant de la honte pour le monde entier. Chacun doit alors choisir son camp et sa couleur.

Mais pour certains, cette couleur prend une teinte dangereuse... celle de la haine.    

Résumé du tome 3 - Le choix d'aimer - Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Dans ce monde, une enfant métisse est pourtant née, Callie Rose. Une vie entre le blanc et le noir. Entre l'amour et la haine. Entre des adultes prisonniers de leurs propres vies, de leurs propres destins. Viendra alors son tour de faire un choix. Le choix d'aimer, malgré tous, malgré tout...

J'ai décidé de faire un article groupé sur ces deux tomes car j'ai trouvé qu'ils formaient une sorte d'unité au sein de la saga (de quatre tomes).

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   Dans le tome 2, on retrouve Sephy, quelques mois après la mort de Callum, et enceinte de Callie Rose. Elle a été jetée dehors par son père et vis seule dans un petit appartement miteux. Elle accouche au tout début du roman. S'en suivent plusieurs chapitres où elle écrit en s'adressant à sa fille (encore bébé). J'avoue avoir eu très peur que tout le roman se déroule ainsi mais ce n'est pas le cas. En réalité, ce tome est plutôt centré sur le retour à la "vie normale" de Sephy. Tout va mal, le monde est toujours déchiré entre les Nihils et les Primas et Sephy n'est acceptée d'aucun des deux côté. C'est en cet aspect que ce roman est "magistralement terrible", Sephy est exclue, méprisée par tous, elle se sent responsable de la mort de Callum et doute de son amour. Elle se retrouve prise au piège du système qui est, par dessus le marché, administré par son père. On suit donc sa progression difficile dans une vie tout sauf idéale, on la voit chuter, être rabaissée, mais elle se relève toujours. Ce roman m'a vraiment prise aux tripes, la douleur de Sephy m'a bouleversée.

Une chose qui m'a surprise est de retrouver Jude (le frère de Callum) dans ce roman. Et c'est en le rencontrant que le mot "haine " prend tout son sens. Ce personnage n'était pas très approfondi dans le premier tome mais c'est chose faite, et j'ai même eu l'impression qu'il était le personnage principal de La couleur de la haine. Il est profondément seul et j'ai parfois éprouvé de l'affection envers lui mais ces actes sont impardonnables. Après la mort de Callum, il a développé un profonde aversion vis à vis de Sephy qui a transformé son coeur en pierre.

Jasmine, la mère de Sephy et Meggie, la mère de Callum on elles aussi un place toute particulière dans le roman.


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Dans le début du tome 3, Callie Rose a 15 ans et elle s'apprête à commettre un acte irréparable. Tout le roman est basé sur des retours en arrière qui montrent l'évolution de Callie depuis son enfance. On voit se dessiner sa personnalité, impulsive, colérique et loyale. Elle découvre le passé de sa mère et, au fur et a mesure de l'histoire, entre en conflit violent avec elle. On a accès à la fois aux pensées de Jude, plus froid et obstiné que jamais, de Callie, qui tente tant bien que mal de se construire, et de Sephy, qui ne sait plus quoi faire pour que sa relation avec sa fille s'améliorent. ans ce tome, Jude m'a particulièrement horripilée, détestable du début à la fin.

En définitive, c'est ce que j'adore avec cette saga. Elle fait naître en nous des sentiments intenses, presque primitifs. Ce que je pourrais cependant lui reprocher est de ne pas suffisamment creuser certaines réflexions et de (justement) tout miser dans les émotions. Ces pensées gagneraient à être développées.

Alice.

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21 avril 2013

L'attrape-coeurs, J.D. Salinger

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Phénomène littéraire sans équivalent depuis les années 50, J. D. Salinger reste le plus mystérieux des écrivains contemporains, et son chef-d'oeuvre, " L'attrape-coeurs ", roman de l'adolescence le plus lu du monde entier, est l'histoire d'une fugue, celle d'un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n'ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents. Trois jours de vagabondage et d'aventures cocasses, sordides ou émouvantes, d'incertitude et d'anxiété, à la recherche de soi-même et des autres. L'histoire éternelle d'un gosse perdu qui cherche des raisons de vivre dans un monde hostile et corrompu.

J'ai commencé la lecture de ce livre sans trop savoir à quoi m'attendre. Je projetais de lire L'attrape-coeur depuis pas mal de temps mais sans savoir exactement pourquoi... Je me suis donc lancée de manière un peu aveugle dans cette lecture, qui m'a totalement conquise.

Holden est un des personnages de romans les plus intéressants que j'ai rencontrés. C'est un ado plutôt banal au premier abord, cancre et un brin insolent, mais, au fur et à mesure du roman, il se révèle mûr et intelligent, franc et impulsif parfois un peu cynique mais sans aucun doute extrêmement attachant . Durant les trois jours qu'il va passer seuls, on va l'observer errer dans les rues de New-York, mais également, et de manière étrangement liée, dans son esprit. Chaque élément de la vie de tous les jours, du plus anodin au plus fondamental, va occuper une place dans ses pensée profondes, il va essayer de l'analyser, de le comprendre. Et c'est cet aspect qui en fait un roman impossible à rater par n'importe quel adolescent. J'ai aussi bien apprécié le fait que toute cette "aventure" ne le mène pas a quelque chose d'un peu trop extraordinaire mais qu'il revienne juste à la vie normale, tout en en ayant mûri intérieurement.

L'attrape-coeurs semble écrit par Holden lui-même, s'adressant directement au lecteur (comme un sorte de journal), d'où l'utilisation d'un langage familier. Mais ce qui rend ce livre encore plus authentique, et le personnage de Holden encore plus représentatif de tous les adolescents, c'est la manière dont s'ordonnent ses propos. Ou plutôt ne s'ordonnent pas du tout. Tout est écrit de façon instantanée, le roman est en quelque sorte une accumulation de pensées impétueuses qui n'ont parfois aucun lien entre elles, de petits morceaux de vie qu'Holden nous livre sans les trier, comme ils lui viennent. On est emportés dans un tourbillon de détails foisonnants et hétéroclites, qui nous laisse à l'arrivé étourdit mais comblé.

En définitive, je dirai que L'attrape-coeurs semble vivant.

Voici un extrait du livre (la première phrase): "Si vous voulez vraiment que je vous dise, alors sûrement la première chose que vous allez me demander c'est où je suis né, et à quoi ça a ressemblé, ma saloperie d'enfance, et ce que faisaient mes parents avant de m'avoir, et toutes ces conneries à la David Copperfield, mais j'ai pas envie de raconter ça et tout."

Alice (et Val pour l'extrait ^^)

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07 avril 2013

Entre chiens et loups, Malorie Blackman

68329789   Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Un monde où les communautés s'affrontent à coups de lois racistes et de bombes. C'est un monde où Callum et Sephy n'ont pas le droit de s'aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d'un rebelle clandestin... Et s'ils changeaient ce monde ? (babelio)

Entre Chiens et Loups de Malorie Blackman est un best-seller en Angleterre, il y a raflé tous les prix de littérature jeunesse lors de sa sortie en 2002. Il figure depuis dans le classement de la BBC des 100 meilleurs livres toutes catégories confondues (le "BBC Big Read Top 100").

La lecture de ce livre m'a laissée totalement retournée. Et j'ai adoré. Il s'en dégage tellement d'injustice et de passion qu'il donne envie de se lever et de hurler. Même si ces sentiments ne sont pas présents dès le début du roman, ils grandissent crescendo, pour une fin au sommet.

   L'intrigue, même si elle n'est pas très originale, reste cependant assez osée. Le monde de Sephy et Callum et le même que le notre. A un élément près. Dans leur monde, les "Noirs" (les Primas) possèdent le pouvoir, alors que les "Blancs" (les Nihils) sont exclus de la société. Mais qui ne s'est jamais imaginé ça ? Même si la ségrégation telle qu'on peut la concevoir, séparant de façon physique les individus de couleur de peau différente (que ce soit aux Etats-Unis au début du XXème siècle ou l'Apartheid en Afrique du Sud) est "terminée", il ne faut pas oublier que le racisme n'est pas définitivement enterré. Et quoi de mieux qu'une histoire d'amour interdite, un Roméo et Juliettecontemporain, pour toucher le lecteur droit au coeur ? Et bien c'est un pari réussi. Dans ce roman, Malorie Blackman ne s'implique pas de façon extrêmement virulente mais avec beaucoup de légèreté au contraire. Son livre n'est pas un essai philosophique et reste un roman pour la jeunesse, mais écrit avec beaucoup de justesse. Les deux personnages son passionnants, leur histoire d'amour aussi. Elle n'a rien de niais ou de superficiel, elle est très forte et émouvante à la fois, mais surtout triste car, tout comme le lecteur, ils la savent vouée à l'échec.

Alice.

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Note sur l'auteur : Après avoir travaillé comme programmatrice informatique, Malorie Blackman se met à écrire pour les enfants et les adolescents. Son premier livre, Not So Stupid, un recueil de nouvelles est publié en 1990. Malorie Blackman devient une auteur à plein temps suite ausuccès recueilli par son premier roman Hacher qui sort en 1994 et qui est couronné par de nombreux prix. Depuis, cet auteur majeur de littérature jeunesseen Angleterre a signé 50 ouvrages. Auteur à succès, certains de ses livres sont des best-sellers en Angleterre. (source ICI)

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22 mars 2013

Le monde Charlie, Stephen Chbosky

Résumé: Au lycée où il vient d’arriver, on trouve Charlie bizarre. Sa sensibilité et ses goûts sont en décalage avec ceux de ses camarades de classe. Pour son prof de Lettres, c’est sans doute un prodige, pour les autres, c’est juste un "loser". En attendant, il reste en marge - jusqu’au jour où deux terminales, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile. Grâce à eux, il va découvrir la musique, les fêtes, le sexe… pour Charlie, un nouveau monde s’offre à lui.

le monde de charlie

On ne passe qu'une fois à l'âge adulte... Oui, c'est vrai et je pense que ce passage est le plus important de notre vie. A la sortie de la salle de cinéma (les yeux encore rougis...) j'étais absolument perdue ! Il y a tellement de choses et d'aspects de la vie que j'ai "redécouvert" à travers Charlie, des choses simples dont on a pas conscience au quotidien mais qui sont pourtant toujours là avec nous. Ce film nous amène à nous poser pleins de questions sur nous même, sur la façon dont on grandit, dont on évolue... En temps qu'ado et surtout grande sensible, cet aspect du film m'a bien secouée ! Rien à voir avec les films pour ado à gros budgets qu'on voit habituellement et où tout est dans l'excès. On ne cherche pas à nous faire rêver avec un destin extraordinaire ou une vie artificielle. Non. Le monde de Charlie c'est vrai, c'est vivant, c'est sans artifices. On peut s'identifier aux personnages parce que tout simplement on vit la même chose qu'eux. Mais attention, il ne faut penser que ce film ne soit qu'une représentation banale d'adolescents mal dans leur peau. D'autres thèmes autrement plus durs sont abordés ici.

L'ambiance rétro des années 90 (avec tous les clichés qu'elle comporte) est aussi au rendez et elle nous embarque rapidement. La bande son, elle aussi très retro, est très réussie avec notamment la chanson du bal Come on Eilen des Dexy's midnight runners et Heroes de David Bowie qui rend la scène d'Emma sur le pick-up, les cheveux au vent, juste sublime. It's Times de Imagine Dragon dans la bande d'annonce est aussi très bien choisie même si elle s'éloigne de l'époque (je vous la met ci-dessous juste pour le plaisir ^^). 

Les personnages sont hauts en couleurs, chaqu'un a une personnalité très développée et la prestation des acteurs est absolument remarquable avec un prix spécial pour Erza Miller que j'ai particulièrement apprécié dans le rôle de l'homosexuel décomplexé et exubérant. Mais je n'oublie pas Logan Lerman et Emma Watson qui, sans nuls doutes, ont fait preuve d'une grande sensibilité et d'une grande finesse. Tous collent parfaitement à la peau de leur personnage. 

La fin est un temps très fort du film et j'ai mis pas mal de temps à tout mettre bout à bout. Je sais pas si on peut dire que Charlie arrive à passer à "l'âge adulte" mais pour les autres personnages plus vieux que lui je pense que c'est mission accomplie. Quant à Charlie, il lui reste encore le temps de grandir encore un peu.

"And in that moment I swear we are infinite..." Stephen Chbosky

"We accept the love we think we deserve" Stephen Chbosky  

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Petite explication (en provenance de Wikipédia) pour les curieux qui se demandent ce peut bien vouloir dire Wallflower:  En anglais wallflower désigne une giroflée. L'expression « être une giroflée » (to be a wallflower) signifie usuellement "faire tapisserie" (faire partie du décors, notion d'échec, de non insertion sociale). Toutefois dans un cadre scolaire, c'est le cas ici du héros Charlie, l'expression signifie « être mis à l'écart » ou « être laissé pour compte ». Elle désigne un élève non intégré au groupe ou asocial. Le titre initial (The Perks of Being a Wallflower) signifie donc, textuellement, "Les avantages d'être un laissé pour compte". D'où la traduction française utilisée au départ pour le titre du livre (Pas Raccord). Au sens "pas raccord avec le reste du groupe".

Bande d'annonce:

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Val 

Shutter Island, Dennis Lehane

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Nous sommes dans les années cinquante. Au large de Boston, sur un îlot nommé "Shutter Island" se dresse un groupe de bâtiments à l’allure sinistre. C’est un hôpital psychiatrique dont les patients, tous gravement atteints, ont commis des meurtres. Lorsque le ferry assurant la liaison avec le continent aborde ce jour-là, deux hommes en descendent : le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule. Ils sont venus à la demande des autorités de la prison-hôpital car l’une des patientes, Rachel Solando, manque à l’appel. Comment a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée à clé de l’extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre incohérente d’une malade ou cryptogramme ? Au fur et à mesure que le temps passe, les deux policiers s’enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu’au choc final de la vérité. Avec Shutter Island, Dennis Lehane est au sommet de son art. (source ICI)

J'ai beaucoup aimé ce livre. J'ai été immédiatement emportée par l'ambiance sombre et angoissante qui s'en dégage et j'avais beaucoup de mal à m'arrêter de lire. Assez addictif donc ^^

J'ai adoré toute l'intrigue basée sur la psychose, l'exploration des méandres de l'esprit humain. Je trouve que c'est un sujet passionnant et riche, très bien exploité ici. 

Le style de l'auteur est très bon, précis et clair. Il m'a tout de suite emportée, grâce à un très bon dosage entre l'enquête et les plongées dans la vie de Teddy. Ce personnage est très intéressant. Au fur et à mesure que l'intrigue évolue, on en apprend de plus en plus sur son passé, plutôt traumatisant. Il faisait partie des troupes américaines qui ont découvert les premiers camps de concentration en Allemagne. Ça femme est morte dans un incendie. De fil en aiguille, Teddy devient donc réellement l'élément central du roman et non plus un simple enquêteur avec un mystère entre les mains. Et le mystère en question n'est pas vraiment celui auquel on s'attend en lisant un simple résumé. Je ne peux évidemment pas vous en dire plus, la lecture de ce roman perdrait tout son intérêt...

En conclusion, un excellent livre que je ne peux que vous conseiller, écrit par un auteur de thriller aguerri qui arrive à garder un suspense oppressant tout au long du livre, pour finir par une chute assez inattendue et perturbante.

Alice.

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Ce roman a été adapté en film par Martin Scorsese avec notament Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley, Michelle Williams et Emily Mortimer.

Posté par keiralice à 21:40 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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